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De Gaulle
 
 

Commencé en 1971 pas encore fini en 2001. J’avais appelé ça « un livre »

Il reste néanmoins que j’en fais le :

1er témoignage - 1ères preuves -

Ce livre je le dédié au Ministre de la

Défense Nationale et à mes camarades en

activités. (de l’époque)

 

U N E    V I E     D E    G E N D A R M E

Partie II

...

Le nouveau capitaine avait une figure de fouine et aimait la bouteille. Il venait de métropole avec des ordres bien précis, je l'avais de suite compris, en raison de son attitude. A partir de ce jour, les rapports que je lui présentais étaient de moindre importance. Ils n'avaient aucune valeur pour la hiérarchie pro-gouvernemental car c'est cela qu'il fallait craindre.

La suspicion et la méfiance s'installaient à tous les niveaux que ce soit chez les officiers comme chez les sous-officiers. L'OAS commençait à faire son apparition dans les grandes villes, Alger, Oran et Constantine. Les barbouzes aussi commençaient à s'installer dans la Gendarmerie. A Ain-témouchent, des bureaux de la Compagnie avaient été mis à leur disposition. Il y avait un Adjudant, et des gendarmes choisis sur le volet parmi ceux qui haïssaient et qui avaient la haine du pied-noir et des sympathisants de l'Algérie française fussent-ils français Musulmans. Dans ma brigade, l'adjudant qui commandait le poste, était devenu Gaulliste, non pas parce qu'il approuvait la politique, mais parce qu'il haïssait les pieds noirs et adorait la bouteille. De penser à tous ces colons qui avaient des vignobles et des bonnes caves le rendait fou.

Un matin, alors qu'il commençait à être ivre, il m'avait demandé d'inviter des pieds-noirs à boire l'anisette boisson traditionnelle en Algérie pour leurs soutirer des renseignements afin de les communiquer aux barbouzes. Je lui avais répondu s'il me prenait pour un" con". Toute ma famille et moi-même espérions en cette organisation pour renverser ce pouvoir que nous avions eu la bêtise d'instaurer, qui avait trahi la parole donnée et avait les mains pleines de sang.

En ce temps là, je disais à qui voulait l'entendre que si l’on m'ouvrait le cœur on trouverait un drapeau français. Depuis 1962, je ne crois plus en rien, dans mon cœur j'ai un billet de mille et dans un coin un caillot de sang rempli de haine. Ce caillot n'est pas prêt de se sécher.

Le quartier où nous logions étant extrêmement dangereux, je déménageais pour un autre quartier non moins dangereux puisque situé à la limite du quartier musulman.

Comme j'étais gendarme et pied noir j'ai eu droit à un deux pièces à la limite de l'insalubre ! Nous habitions dans l'arrière cour et avions des voisins musulmans très gentils et une vieille dame européenne presque aveugle.

Un soir à la suite d'un attentat dans la ville européenne, deux manifestations furent déclenchées, une par la population pied noire et l'autre par la population arabe. Ceux-ci envahirent les rues de leur quartier quant aux européens sans sortir dans la rue puisqu'il y avait le couvre-feu, s'adonnaient à leur hobby habituel en frappant sur des ustensiles de cuisine et sur tout ce qui pouvait résonner, les cinq notes de "AL GE RIE FRAN CAISE". Le brave adjudant qui avait la couleur rouge bien prononcée, nous avait mis de surveillance devant la brigade. Il craignait pour la vie de sa famille. Moi sur ordre j'avais abandonné la mienne dans un gourbi à la limite des deux quartiers là où se tenait le plus fort de la manifestation.

Les cinq notes se faisaient de plus en plus fortes et les manifestants musulmans, commençaient à s'avancer vers la ville européenne. Ils avaient déjà saccagé des magasins tenus par des non musulmans. L'adjudant se montra brusquement à sa fenêtre du premier étage, torse nu, armé de sa mitraillette et, sous l'emprise d'un état alcoolique bien avancé. Il se mis à crier tout en gesticulant avec son arme en direction des immeubles où habitaient les pro-français qui tapaient de plus belle sur leurs casseroles : " Bandes de salops, enculés de pieds noirs, si je vous prends, je vous pends par les couilles jusqu'à ce que vous creviez tous".

Quelques policiers locaux qui surveillaient la progression de la manifestation indépendantiste se replièrent sur nous car la foule avançait en occupant la rue où j'habitais. Sans attendre, je me lance dans cette direction armé de mon vieux MAS 36 modifié 56. Un gendarme auxiliaire pied noir m'avait rejoint et nous nous sommes postés au milieu de la rue légèrement en avant de mon domicile.

Les manifestants armés de couteaux, de bâtons, devenaient menaçant et s'avançaient lentement vers nous en vociférant. Ils étaient cinq à six mille environ et nous étions deux pauvres gendarmes minables. Un qui voulait défendre sa famille et l'autre qui voulait me protéger.

Nous avancions lentement vers eux en les menaçant de nos armes et ils reculaient ou avançaient lentement. Plus qu'une dizaine de mètres nous séparait d'eux. Ils s'arrêtèrent surpris de cette résistance plutôt ridicule mais ils le savaient oh ! combien déterminée. Je profitais de cet instant pour mettre la baïonnette au canon et je me mis à foncer sur eux(comme un fou). Ils firent demi-tour et fuirent à toutes jambes s'écrasant et se marchant les uns sur les autres jusqu'aux limites de leur quartier. Ils me regardaient les yeux grands ouverts puis lentement et en silence ils se dirigèrent vers l'autre rue. Je me retournais et je m'aperçu que j'étais seul. Mon collègue avait rejoint la brigade.

Je ne sais toujours pas à quel moment il m'a laissé tomber. J'étais moite, je transpirais et j'étais soulagé que les manifestants passent par une autre rue. Aujourd'hui je me demande si réellement je n'étais pas un peu timbré.

Toujours est-il que lorsque j'ai pu regagner mon gourbi ma famille ce soir là je la trouvais chez la voisine musulmane, ma femme « déguisée » en mauresque et mes enfants bien couverts, pour ne pas être reconnus, dans les bras des femmes musulmanes. Tous les musulmans n'étaient pas des salops et surtout n'étaient pas pour le FLN. Il y avait certainement plus de salops chez les Français.

Depuis ce jour, tous les soirs nous allions dormir dans une maison appartenant à ma famille située plus au centre. Je reçus l'ordre de déménager et d'aménager dans une petite cité H.L.M. juste à la limite d'un quartier musulman très populeux.

C'était la première fois depuis mon entrée dans la Gendarmerie que j'étais bien logé. L'appartement était neuf et bien meublé avec de grandes baies vitrées et un petit balcon. Le fait d'être au rez-de-chaussée et à la lisière du quartier musulman ne nous permettait pas d'ouvrir les volets. Quinze jours plus tard de retour d'une permission de quarante huit heures, nous retrouvons la porte d'entrée enfoncée et les trois quart de nos affaires volées. Ce fut pareille pour l'autre gendarme qui habitait dans l'appartement voisin.

 

Le gendarme voisin, qui était métropolitain fut relogé à la caserne quant à moi, le gendarme pied noir, j'ai du me démerder pour me reloger ailleurs. Je trouvais un appartement au 7ème étage dans une cité H.L.M. où il n'y avait que des européens, la cité THIERS. S'il n'y avait que des européens, il fallait s'attendre qu'il y ait aussi des sympathisants de l'O.A.S. Étant pied noir je ne pouvais être que de leur bord donc je n'ai pas été inquiété mais il fallait suivre leurs mots d'ordre.

Les évènements se précipitèrent à partir du moment où de Gaulle avait lâché sa fameuse phrase "Algérie algérienne". Il l'avait lâchée sciemment, à un moment bien choisi qui allait lui permettre de renverser la situation et de poursuivre sa politique de lâchage qui avait toujours était la sienne depuis son arrivée au pouvoir. Même ses plus proches collaborateurs comme un certain Debré Michel, confident et Premier ministre, devaient ignorer les réels projets secrets de leur grand chef.

Aidés, renseignés et encouragés par les barbouzes et la nouvelle politique de de Gaulle, les terroristes se faisaient de plus en plus audacieux. Les attentats se multipliaient dans les quartiers périphériques et aux sorties des villes et villages.

On pouvait ramasser les morts à la pelle. C'était les règlements de comptes entre français musulmans . Les musulmans pro-français et les harkis qu'ils fussent engagés dans la Gendarmerie, dans l'armée ou ceux du Commando Georges, sous les ordres du Colonel Bigeard qui avaient cru en la parole de de Gaulle, n'avaient plus le choix: C’était le bateau ou l'égorgement.

J'ai su de la bouche même de mon ancien Adjudant-Chef, Adjoint au Commandant de Compagnie de Saïda, que nombreux de ces pauvres gens avaient été égorgés par les nouveaux amis du général de Gaulle, le FLN. La méthode employée, je vous la donne :Libre à vous de croire ou de ne pas croire. Donc une fois le harkis égorgé, le boucher enfonçait par l'anus un bois jusqu'à ce que le bout sorte par la gorge tranchée. Ensuite il le faisait griller comme on grille un mouton et le jetait aux chacals.

Mais où étaient-elles donc ces braves et honnêtes médias pour les défendre ??? C'est avec ces gens là , FLN et complices que les français du gouvernement ont discuté et passé les fameux Accords d'Evian. Et mr.de Gaulle voulait que l'ont restent après l'Indépendance. Vraiment il nous avait pris pour des cons et des demeurés.

Un matin en partant prendre mon service à la brigade, je me suis aperçu que l'immeuble était boucle par les gendarmes mobiles et la dernière vague d'appelés d’obédience communiste. J'ai voulu regarder en me penchant sur le bord du balcon du 7ème et il m'a fallut faire un bond en arrière, tous les bons français de service ayant pointé leurs armes sur moi. J'étais en tenue et je pensais qu'ils ne m'avaient pas reconnu.

 

Je devais quand même me rendre à la brigade prendre mon service et il fallait que je sorte. Devant la porte de l'immeuble se tenaient plusieurs gendarmes mobiles et quelques troufions de la nouvelle armée de de Gaulle. Ils pointèrent les armes sur moi et me firent signe de lever les mains. J'avais intérêt à obéir vu leurs gueules. Je les savais capables de m'abattre tenue ou pas tenue. C'était l'époque où il fallait tuer du » pieds noirs » et de tuer tous ceux qui n'acceptaient pas la politique de Mr. de Gaulle. Tout était bon à flinguer, officiers, gendarmes de la "Blanche" en tenue ou pas, ils avaient carte blanche, et ils ne se gênaient pas pour le dire. LE F.L.N. JUBILAIT. Merci de Gaulle.

 

Les armes, que l'armée, la gendarmerie et toutes les forces de l'ordre avaient récupérées depuis le début des évènements ainsi que celles saisies par les barbouzes chez les Français d'Algérie, ont été redistribuées aux terroristes du FLN par notre capitaine commandant la compagnie dont je garde le nom en réserve mais que nommerais Cabrone. A ce titre, il a du avoir probablement, la Croix de la Valeur Militaire.

De 1961 à 1989, la politique de la France n'a pas changé en ce qui concerne la lutte contre les terroristes en général, à l'exception peut-être lorsque Mr PASQUA était Ministre de l'Intérieur. Ce dernier doit savoir pas mal de choses sur les magouilles de cette époque et surtout sur les agissements des barbouzes. Il ne peut certainement pas parler pour ne pas éclabousser son idole. Il emportera ces secrets dans sa tombe. C'est un vrai gaulliste.

Pour le premier Noël passé à Ain-Témouchent, nous avions été invités à la brigade pour un apéritif. Nous venions d'arriver et ma femme ne connaissait pas très bien le patelin.

Pendant que nous buvions l'apéritif nous avons été appelés à constater un accident. Étant de service ce jour là, je suis parti sur les lieux accompagnés d'un collègue. Mon épouse est donc restée seule avec les deux enfants. A la fin de cette petite réception tous les collègues logeant dans la caserne sont montés chez eux et ma femme avec les deux petits enfants sont restés seuls devant la porte de la brigade celle-ci ayant été refermée derrière eux. Il était tard et il faisait nuit et la nuit il est difficile pour une personne ne connaissant pas bien les lieux de se repérer. Ce fut le cas pour mon épouse qui était désespérée et inquiète au bord des larmes. L'épouse d'un auxiliaire qui habitait à l'extérieur et à deux pas de là, s'est aperçue du désarroi de ma femme et c'est avec son aide qu'elle a pu regagner non pas notre domicile dans le quartier musulman mais chez ma grand'mère qui habitait à la sortie de la ville. Incroyable mais vrai.

A mon retour j'ai rejoint la maison et là je n'ai trouvé personne. Je suis revenu à la brigade mais personne n'a pu me renseigner et pour cause. J'ai pensé qu'elle pouvait être chez ma grand'mère et c'est là que je retrouvais toute ma petite famille. Ma femme me racontait alors ce qui s'était passé.

 

La fin de l'Algérie française commençait à se sentir. De Gaulle avait été très clair et il fallait être fou comme moi pour s'entêter à y croire. L'étonnant c'est que je n'étais pas le seul à m'obstiner.

 

Je décidais un jour d'aller voir mes parents qui habitaient à Béni-Saf, 33kms, dans le Département de Tlemcen. J'avais peur pour eux et je m'inquiétais.

L'Algérie était toujours Française mais malgré cela il m'a fallu me déguiser en militaire de l'infanterie et me rendre avec un véhicule mitrailleur. C'est ainsi que j'ai pu rendre visite à mes parents et à ma famille. Ils avaient décidé de partir en France comme des milliers d'autres. Mon père, depuis l'attaque de son bus par les fellaghas n'allait plus très bien, il était très malade et souffrait d'un cancer à la poitrine.

Quelques jours après ma visite, mes parents et mon jeune frère Michel, âgé de dix ans passèrent à Aint-Témouchent me dire adieu parce qu'ils partaient sur Oran où ils devaient prendre un avion pour la France. Ils avaient pu prendre deux valises.

Si je vous raconte cette histoire c'est que j'apprenais plus tard que mes parents et mon petit frère étaient restés trois jours sous la pluie à l'aéroport de La Sénia-Oran, attendant leur tour pour embarquer à destination de la métropole. Cela n'avait fait qu'empirer les souffrances de mon père. Merci de Gaulle pour la rapidité avec laquelle les Français d'Algérie furent rapatriés sur la Métropole. Quel cuisant échec pour cet homme si fier ! je n'aurais jamais voulu m'appeler de Gaulle, ni être de sa famille.

 

La situation était intenable à Ain-Témouchent. Non pas à cause des indépendantistes mais surtout par l'ambiance de terreur qu'avaient réussi à instaurer les escadrons de Gendarmerie Mobile venus de Métropole et dont se servaient les fameuses barbouzes à de Gaulle. Ils ressemblaient plus à des SS allemands qu'à des français. Ils avaient leurs locaux ou villas de tortures et cela paraissait leur plaire vu les hommes et les femmes qui sont passés entre leurs mains et disparus. Pourquoi se gêner, ils avaient carte blanche du gouvernement, et droit aux médailles. C'est pourquoi j'ai jeté les miennes. J'avais décidé de mettre ma famille à l'abri. Nous étions en danger aussi bien du coté des fellaghas que du coté de la nouvelle armée de de Gaulle , Barbouzes, gendarmes mobiles, jeunes appelés communistes envoyés pour tuer du pieds noirs.

Un soir un sous-officier de l'armée est venu me voir pour me proposer de faire partie de leur convoi civil qui devait conduire femmes et enfants à l'aéroport d'Oran-La Sénia. Il était 20 heures nous étions à table. Sans même débarrasser, ma femme a préparé deux valises pendant que je couchais les enfants. A 03 heures du matin, j'embarquais ma femme, les enfants et les valises dans notre petite voiture d'exploiteur, une Renault 4 chevaux (d’occasion) et direction notre rendez-vous secret où 12 autres véhicules civils bourrés de femmes et enfants attendaient.

Tous les hommes y compris moi, étions armés jusqu'aux dents. A 03 heures 30, nous démarrons en direction d'Oran. 70 kms à faire dans la nuit sans escorte. Nous étions à la merci des SS et des terroristes amis des SS. Deux heures après, sans incident, nous sommes arrivés à bon port. Là une très grande surprise nous attendait.

 

Il y avait à l'extérieur de l'aéroport, à même le sol des milliers de personnes qui avaient fait comme nous. Il a fallu se rendre à l'évidence. Ca faisait mal au cœur au mien de voir allonge à même le sol ces vieillards, femmes et enfants en pleurs

Il fallait faire la chaîne pour accéder à un barrage de gendarmes mobiles. Là, nous présentions une pièce d'identité et avec de la chance on nous laissait passer avec un numéro. C'est ce numéro qui servait par la suite pour pénétrer dans l'aéroport et peut être d'embarquer dans un des avions qui faisait la navette entre Oran et Marseille.

 

Avec deux valises assez lourdes, deux enfants, l'un de 3 ans et l'autre de 2 ans. André et Michèle, plus un sac contenant la nourriture pour le voyage, ce n'était pas facile de suivre la file. Lorsque notre tour est arrivé, j'ai demandé à un gradé, maréchal des logis chef de la gendarmerie mobile, responsable de ce poste, en lui présentant ma carte professionnelle, de m'autoriser à aider ma femme qui ne pouvait à elle seule, avec les deux enfants aux bras, et en même temps tenir les deux valises et le sac contenant la nourriture.

La réponse la voilà ; « QU'ELLE SE DÉMERDE, VOUS N'AVEZ PAS LE DROIT DE PASSER » point.

 

Je serrais les dents pour ne pas lui sauter à la gorge, j'avais les larmes aux yeux. Je ne pouvais croire une chose pareille de la part d'un collègue et même si je n'avais pas été gendarme, de quel droit un tel conard pouvait-il se prendre pour le nombril de la terre et empêcher un père de famille d'aider sa femme à porter ses enfants et des bagages trop lourds pour elle.

Le hasard a voulu qu'un jeune gendarme mobile, qui assistait à la scène, profitant que cet ignoble personnage est le dos tourné, pour me faire passer rapidement. Je le remercie ici du fond du cœur. Cela prouve que malgré tout, tous les gendarmes mobiles de cette époque n'étaient pas des enculés. Ce jour là, j'ai failli devenir un criminel, mais le moment n'était pas choisi pour se laisser aller à un geste incontrôlé qui aurait pu coûter la vie à ma famille. Mais j'aurais bien tué ce chef ignoble.

 

Sachant ma famille en sécurité, je la laissais à l'aéroport avec l'idée que dans quelques heures elle foulerait le sol de France. Lorsque je m'éloignais de La Sénia, je regardais partir les avions en me disant : ils sont peut-être dans celui-là et dans une heure ou deux ils seront à Marseille, enfin à l'abri, même si comme moi, elle n'avait jamais mis les pieds en France.

Nous avions pu avoir une adresse en Métropole pour éviter d'échouer dans des camps de toile réservés au réfugiés, voir comme à Port Vendre.

 

Ma femme devait se rendre à Lyon chez des gens qu'elle ne connaissait pas. C'était des parents du coté de la femme à mon beau-frère. Elle devait être très bien accueillie que j’apprenais plus tard. Elle est restée quelques temps puis a rejoint mes parents à Gaillac dans le Tarne et Garonne où l'état de santé de mon père s'était aggravé.

 

Je suis passé à la Légion de Gendarmerie d'Oran où j'ai rencontré mon ancien Lieutenant qui Commandait la Compagnie de Saida dans le sud oranais ainsi que son Adjoint, l'Adjudant-Chef X...

Étant pour le moment célibataire mon cas a été vite réglé. Je devais être déplacé de la brigade d'Ain-Témouchent à l'Etat-Major de la Légion à Oran, par mesure de sécurité.

L'adjudant-chef commandant la brigade d'Ain-Témouchent, n'était pas content de me voir partir, non pas parce que j'étais un bon élément, mais parce qu'il n'aurait plus la joie de me faire sentir le mépris qu'il nous portait.

Avant de reprendre le chemin du retour, d'Oran à Ain-Témouchent, je me suis rendu au centre ville ou j'ai rencontré un responsable de l'OAS à Oran. Après une courte conversation et explication de mon cas, j'obtenais l'assurance que mon mobilier ou ce qu’il en restait et le camion qui le transportait ne seraient pas détruit lorsqu'ils seront à ORAN. A cette époque, l'OAS, plastiquait tous les conteneurs de mobilier de gens qui cherchaient à quitter l'Algérie.

Ma femme et les enfants sont restés plus de 24 heures avant d'embarquer. A ce sujet je ne remercie pas ici les salops de pieds noirs qui profitant du désespoir des familles et de la situation, vendaient des casse-croûtes à prix d'or. Je ne félicite pas non plus les gendarmes mobiles qui profitant de la détresse de ces familles, s'appropriaient des véhicules abandonnés par leurs propriétaires sur les parkings de l’aéroport de La Senia, pour les immatriculer à leur nom et les passer ensuite en métropole. Les officiers et les gradés quant à eux ils ne se sont pas gênés pour garder par-devers la loi, des armes saisies chez les habitants perquisitionnés et les arborer ensuite chez eux comme trophées de guerre.

J'avais obtenu une permission pour me rendre au chevet de mon père où je suis arrivé quelques heures avant qu'il ne meure. Ses dernières paroles furent pour moi; Il était dans le coma depuis plusieurs jours et lorsque je me suis penché sur lui après l'avoir embrassé, je lui ai parlé tout doucement à l'oreille, je lui ai dit::

« C'est Gilbert, je suis venu te voir ». Il a ouvert ses yeux, il était soulagé de me voir, il a posé sa main sur la mienne et il m'a répondu:

« Toi tu arrives et moi je m'en vais. » Ce furent ses dernières paroles. Il avait 54 ans et avait travaillé toute sa vie comme un esclave.

 

Mon père est mort dans d'horribles souffrances. C'était le 19 septembre 1962, à peine deux mois après l'indépendance. Il a été enterré dans une petite ville du midi où n’aura pas la chance de visiter au moins une fois. Ma mère se retrouva seule avec un enfant de 10 ans, dans un pays où nous étions considérés comme des étrangers, avec une renommée d'assassin, d'exploiteur et de voyous. Renommée que nous avait fait de Gaulle et sa clique par presse interposée, le tout fignolé par les communistes de France trop heureux de penser que la Russie allait enfin s'installer en Algérie et que leur France finirait par perdre son pétrole.. Bravo messieurs les communistes français.

 

Voilà les exploiteurs que nous étions. Mon père était un ouvrier et ma mère une couturière. Ils avaient atterri à Gaillac parce qu'ils connaissaient Monsieur et Madame N….., Des enfants du pays, dont lui était gendarme. Je n’oublierai jamais ce qu’ils ont fait pour mes parents alors qu’ils avaient déjà à soutenir leurs propres familles tout aussi désemparées.

Après deux semaines passées en France avec ma famille, je retournais à Oran. J'ai été chauffeur du Commandant de Groupement, j'ai servi au secrétariat du casernement, je bouchais les trous à droite ou à gauche.

A l'État Major c'était la débâcle. Il fallait rapatrier le personnel des brigades occupées déjà par l'armée algérienne, rapatrier le matériel qui pouvait encore servir, les mobiliers du personnel, les familles et brûler les archives. Cela rappelait les Allemands quittant la France au moment de la libération.

Un jour j'ai été appelé par le Capitaine Puyou mon ancien patron. Il était adjoint au Commandant de Groupement. "Voilà vous allez m'aider j'ai mes parents à conduire à la Sénia pour les faire partir sur la métropole". O.K! .

Je connaissais le chemin puisque j'avais conduit ma famille quelques jours auparavant. Même topo, les gens se bousculaient au portillon. Les parents de mon capitaine étant des gens âgés et fatigués, je me suis aventuré auprès des gendarmes mobiles qui filtraient toujours l'entrée de l'aéroport. J'étais en tenue de gendarme. J'ai demandé au gradé s'il pouvait me donner deux numéros pour faire passer les parents du capitaine, en précisant que ces personnes étaient âgées et fatiguées.

REPONSE : ILS ONT QU'A FAIRE LA CHAINE COMME TOUT LE MONDE. Point.

Pas un mot de plus.

Ces pauvres gens n'en pouvaient plus alors j'ai fait la chaîne pour eux et c'est ainsi qu'ils ont pu passer plusieurs heures après complètement exténués. C'était la deuxième fois que je vivais la même scène. Ce n'était pas un hasard ni un cas isolé. Il faut donc en déduire que dans la gendarmerie mobile il y avait à cette époque de vrais salopards pour se conduire de la sorte.

Nous pouvons dire également que les gouvernements peuvent compter sur ces hommes en toutes circonstances. Ils peuvent donc être assurés de leur dévouement et ne pas s'étonner si un jour ils constatent avec horreur que des membres de leurs propres familles ont été victimes du "devoir" conformément aux ordres donnés.

J'ai vécu le fameux 2 juillet 1962 à Oran Square Garbet avec les derniers moments de l'Algérie française. Une épaisse fumée noire recouvrait encore la ville d'Oran. C'était l'OAS qui avait détruit aux bazookas les énormes réservoirs de carburant du port. Toutes les nuits c'était la "samba" des plastics.

 

D'un coté l'OAS, de l'autre, le FLN et ses alliés l'armée à de Gaulle, appelés du contingents communistes, gendarmes mobiles et CRS venus de métropole. De nombreux innocents ont payé de leur vie les caprices d'un deuxième Napoléon.

 

Lorsque je quittais l'Algérie, mon pays, pour la dernière fois, j'ai vu à quai un bateau, battant pavillon russe, duquel était débarquer des cuvettes de W.C. des bidets et d'autres conneries que les arabes n'utiliseraient jamais. La coopération Algéro-Soviétique avait commencée. Marchais avait le sourire.

A Evian la France avait été sauvée et épargnée de connaître dans le future un président de la république arabe de plus nous venions d'être vendus pour dix ans de pétrole algérien, 1962 - 1972. Si votre mémoire vous fait défaut reportez-vous aux journaux de 1972. L'Algérie par la bouche de boumedienne, rompait le soit disant contrat. Du coté du gouvernement français pas un mot.

 

POUR L'HISTOIRE, il faut savoir que l'Armée Française tous Corps confondus, jusqu'au jour où de Gaulle lança sa phrase de "Algérie Algérienne" , s'est battue sur tous les fronts comme de braves et courageux soldats.

Lorsque Debré, sur ordre et combines avec le parti communiste envoya les contingents de jeunes appelés encadrés d'officiers et gradés dévoués à la cause gaulliste, espérant de l'avancement rapide, le venin venait d'être injecté au sein de l'armée.

L'ARMEE TOUT ENTIERE VENAIT DE VIVRE SA DERNIERE GRANDE BATAILLE ET LE DEBUT DE SA DECHEANCE.

De nombreux ouvrages racontent la suite de cette Histoire Ce qu'il faut retenir c'est que de Gaulle fut chassé du pouvoir par le peuple français avec autant de mépris que lui, de Gaulle, avait mis pour chasser le Président COTY. Et que ceux qui se réclament du gaullisme auront la même fin que leur idole. C'est pourquoi aujourd'hui malgré toutes les combines politiciennes ils ne sont pas parvenus à renverser le parti socialiste actuellement au pouvoir. (Aujourd’hui Février 2001, les socialistes sont toujours au pouvoir)

Le parti communiste aux ordres de la dictature soviétique et le RPR qui se réclame protecteur des idées gaullistes, seront un jour obligés de changer de nom, pour échapper eux mêmes à la vindicte du peuple. (1) Un jour les Français comprendront la contradiction qu'il y a entre un Napoléon et un de Gaulle, même si quelques points communs les lient.

La contradiction est évidente si l'on prend la peine de regarder deux époques : celle du règne de Napoléon et celle du règne de de Gaulle. Vous remarquerez très vite que la France a été réduite de l'époque Napoléonienne, à la fin du règne gaulliste, à UNE PEAU DE CHAGRIN.

Les points communs sont la quantité de morts du côté de l’armée Napoléonienne pour agrandir la France et les milliers de morts que de Gaulle aura causés pour la rétrécir à une peau de chagrin.

Soyons francs avec nous-mêmes, croyez-vous que les Américains et les Russes considèrent la France comme une grande puissance?

Interrogez un américain si vous avez l'occasion, vous serez vite fixe. Il faut rester à sa vraie dimension et ne pas vouloir péter plus haut que son cul.

Le Peuple américain a contribué tout entier à la réhabilitation de son Armée en guerre au Vietnam grâce à l’œuvre grandiose des cinéastes sur le sujet et malgré les mensonges des médias internationales pro-sovietiques de l’époque.

La France n'a rien fait pour réhabilité son armée qui s'est battue au prix de milliers de morts dans ses rangs. Au contraire nous avons pu voir avec tristesse et mépris des films la salissant semant ainsi le doute dans les esprits donnant raison aux ennemis de la démocratie. Profitant de notre faiblesse ils ont pratiqué la désinformation comme ils le font toujours aujourd'hui.

Je regrette qu'un réalisateur Français n'est pas été animé du même sentiment de patriotisme vis à vis de son pays et de son armée pour faire comme les américains, des films retraçant la réalité des combats en Indochine et en Algérie.

Nous n'étions pas moins courageux que les G.I.de l'Oncle Sam avec cent fois moins de matériel qu'eux.

(1)-Je ne croyais pas si bien dire a cette époque en voyant ce qui se passe de nos jours.2001.

Ils sont revenus d'Indochine, Nous sommes revenus d'Algérie dans l'indifférence totale. Nous étions les mal-aimés des métropolitains.

Messieurs les Historiens vous avez enfin des renseignements sur la vie d'un Gendarme à l'époque peu glorieuse de" la guerre" de de Gaulle en Algérie. Et j'en passe sur certains détails.

 

LA VIE D’UN GENDARME PIED NOIR EN FRANCE

Je quittais le sol natal le 26 septembre 1962 par bateau et j'arrivais en métropole le 27 septembre 1962. Je retrouvais avec joie et soulagement ma famille et mes enfants.

Nous venions de traverser une rude épreuve et vécu un vrai cauchemar. J'étais persuadé que c'était le dernier, mais c'était sans compter sur la folie des hommes et en particulier celle des hommes politiques.

Après deux mois de permission dans la région de Gaillac, je rejoignais ma nouvelle affectation, la brigade d'Amanvillers en Moselle. Je profitais de visiter les régions qui nous séparaient du Tarn et Garonne à la Moselle.

J'avais réussi à sauver ma petite 4 chevaux que nous avions baptisé "Jeannette". Elle avait vécu de mauvais moments devant le Square Garbet à Oran le jour de l'Indépendance.

Pendant les manifestations, des individus avaient tenté de me la voler mais j'avais pris soin de retirer la batterie et volèrent la voiture d'un collègue. Nous étions aux premières loges derrière les fenêtres vitrées des bureaux et nous assistions comme de pauvres cloches à des scènes stupéfiantes sans pouvoir intervenir. A l’extérieur c’était le grand massacre de la population affolée. Des milliers de morts et de disparus sans que l’armée gaulliste encore sur place n’intervienne. Bref.

Nous sommes donc arrivés dans ce charmant petit village vers la mi-novembre. AMANVILLIERS…15 kms de Metz…village détruit à 100% pendant la dernière guerre 39/45 et reconstruit sur le plateau à une altitude équivalente à celle du clochet de la cathédrale de Metz.

J'étais le cinquième gendarme et le plus jeune de l'équipe. En même temps que moi est arrivé avec sa famille un autre gendarme. Il était pied noir et comme moi il arrivait d'Algérie. Lui a été logé à la caserne et moi dans un F3 au premier étage d'un petit HLM assez récent, situé à l'autre bout du village.

Notre mobilier étant toujours en Algérie, l'armée nous a prêté quelques affaires pour nous dépanner. Six mois plus tard, je recevais la facture à payer pour le mobilier si aimablement prêté par l'armée.

 

Je prenais mon service pratiquement le lendemain de mon arrivée avec mon collègue nous étions les bêtes rares de la brigade. Nous n'avons pas été accueillis à bras ouverts. La tradition dans la Gendarmerie, veut, que, quand un gendarme nouveau arrive, il soit invité avec sa famille par le commandant de brigade. Je ne sais pas si c'est que le hasard a voulu que nous soyons deux familles arrivées en même temps, ou que, nous étions pied-noirs, mais la tradition n'a pas marchée cette fois là.

J'étais donc planton de service. J'avais pris connaissance du tableau de service et des consignes. Arrivé à 05h30, ,j' allumais le poêle à charbon, je balayais les bureaux, il y en avait trois, deux pour les gendarmes et un grand pour le chef de brigade, puis je passais la serpillière pour finir. Il commençait à faire froid et quelques jours auparavant j'avais fait connaissance avec la neige.

Avant de commencer mon travail j'étais déjà dégueulasse après la corvée.

A suivre  -- Clickez ici pour partie III

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